Maine de Biran

Pierre Maine de Biran, de son vrai nom Marie François Pierre Gontier de Biran (29 novembre 1766 à Bergerac – 20 juillet 1824 à Paris) est un philosophe français.

Homme du XVIIIe siècle français par la date de sa naissance et le milieu culturel de sa formation, Maine de Biran se détache peu à peu d’un sensualisme inspiré de Condillac pour élaborer une psychologie de subjectivité. D’un agnosticisme discrètement teinté de religiosité sous l’influence de Rousseau, il aboutit à une métaphysique fondée sur l’expérience religieuse, selon une acception moderne. Maine de Biran entend rester le plus possible près des faits : ils lui sont donnés par les sciences de la vie et l’observation de soi. À sa virtuosité introspective, nous devons le premier journal philosophique[1].

C’est pour lui autour de l’effort et de sa répétition que se construisent la pensée et personnalité humaines[2]. Merleau-Ponty distingue dans ses travaux un germe de ce qu’on nommera plus tard la phénoménologie.

Il nait le 29 novembre 1766 à Bergerac, première sous-préfecture de Dordogne. Son père est médecin, son grand-père et son arrière grand-père ont été maires de Bergerac. Son nom d’origine est : Marie François Pierre Gontier de Biran mais, depuis 1787, il signait Maine de Biran du nom d’une terre de son père[3].

Maine de Biran poursuit ses études secondaires au collège de Bergerac, d’où il sort bachelier, avant de s’inscrire à l’université de Poitiers. C’est là qu’il obtient sa licence en droit civil et canon. À dix-huit ans, il est admis dans les gardes du corps et, en octobre 1789, participe à la défense du château de Versailles ; à la fin de de 1792, il juge prudent de se retirer dans ses terres de Grateloup (commune de Saint Sauveur de Bergerac où il repose près de l’ église au centre du village), près de Bergerac.

Avec le départ pour la Hollande et un séjour militaire auprès de Maurice de Nassau, prince d’Orange, il fait une ultime concession au siècle en inventant la citation les philosophes n’ont pas connu l’homme.[réf. nécessaire]

Commence alors une période de méditation, entièrement tournée vers la compréhension du monde. Il ne se cloitre pas pour autant : féru de sciences, curieux des lois de la physique, de l’optique, il ne cesse de voyager, de se déplacer dans toute l’Europe du Nord, mais dans la solitude et la discrétion. Résistant aux curieux, étranger aux tentations des cours qui pourtant le sollicitent, il arpente l’Europe en voyageur insatiable, toujours attentif à soumettre à l’épreuve de l’expérience les intuitions qui nourrissent sa pensée. De cette confrontation nait une réflexion rigoureuse, méthodique, qui reste un modèle philosophique universel.

Ses fonctions en tant qu’administrateur du département de la Dordogne après la chute de Robespierre, sa création de la Société médicale de Bergerac sous l’Empire, sa participation à la commission des cinq, font déjà de Maine de Biran un personnage de l’histoire locale.

Oeuvre

* Influence de l’habitude sur la faculté de penser. Ouvrage qui a remporté le prix sur cette question, proposée par la classe des sciences morales et politiques de l’institut national : Déterminer quelle est l’influence de l’habitude sur la faculté de penser ; ou, en d’autres termes, faire voir l’effet, Henrichs, Paris, An XI.
* Essai sur les fondements de la psychologie et sur ses rapports avec l’étude de la nature, 1812.
* Exposition de la doctrine philosophique de Leibnitz, Michaud, Paris, 1819.
* Nouvelles Considérations sur les Rapports du Physique et du Moral de L’Homme. Ouvrage posthume publié par M. Cousin, Paris, Ladrange, 1834.
* Œuvres philosophiques de Maine de Biran, librairie de Ladrange, édition de Victor Cousin, 1841 (4 vol.).
* Œuvres inédites, publiées par Ernest Naville, avec la collaboration de Marc Debrit, Dezobry, E. Magdeleine et Cie., Paris, 1859 (3 vol., ainsi qu’une Introduction aux œuvres inédites).
* Les discours philosophiques de Bergerac, Félix Alcan, Paris, 1925.
* Journal intime (1792-1824), avec un avant-propos, une trad. et des notes par A. de La Valette-Monbrun, Plon, 1927 (2 vol.)
* Journal. Édition intégrale publiée par H. Gouhier, Éd. de la Baconnière, 1954/55.
* La vie intérieure, Présenté par Bruce Bégout, Payot, 1995.

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