Walter Benjamin

Walter Bendix Schönflies Benjamin (15 juillet 1892 à Berlin- 26 septembre 1940 à Portbou) est un philosophe, critique littéraire, critique d’art et traducteur (notamment de Balzac, Baudelaire et Proust) allemand de la première moitié du XXe siècle, rattaché à l’école de Francfort.

Walter Benjamin naît à Berlin de parents Juifs. Son père était banquier, puis antiquaire. Il passe son enfance dans cette ville. Pour des raisons de santé, il effectue de 1904 à 1907 un séjour à la campagne, à Haubinda, en Thuringe, où il subit l’influence de Gustav Wineken, inspirateur du mouvement républicain « Freien Studentenschaft ».

« Penseur privé », il n’a pas exercé dans le cadre de l’université, même s’il a toutefois essayé sans succès d’intégrer celle-ci pour des raisons financières. Il n’a quasiment rien publié de son vivant, ses revenus consistant essentiellement en une rente paternelle. Il a été proche de Theodor Adorno.

En 1910, il écrit des essais dans Der Anfang, la publication de ce mouvement sous le pseudonyme « Ardor ». En 1912, il voyage en Italie et s’inscrit à l’université à Berlin et à Fribourg-en-Brisgau pour des études de philosophie. En 1914, il devient président des « Freien Studentenschaft » puis, en raison de désaccords, se retire des activités du groupe, y compris de la revue Der Anfang. Le suicide d’un couple d’amis le marque profondément. Il se fiance et commence la traduction des Tableaux parisiens de Charles Baudelaire. En 1915, Gustav Wineken publie un texte encourageant la jeunesse allemande à servir sa patrie. Walter Benjamin lui écrit pour lui signifier son désaccord et rompt définitivement avec lui. Il rencontre Werner Kraft. En 1916 il rompt ses fiançailles pour vivre avec Dora Pollack, épouse de Max Pollack, qu’elle quitte.

En 1917, il reçoit un ordre de mobilisation, mais parvient à se procurer un certificat médical qui retarde son incorporation. Il se marie avec Dora Pollack, et passe quelque temps avec elle en sanatorium à Dachau, puis en Suisse. Il est inscrit à l’université de Berne. Il commence une thèse sur la critique d’art à l’époque romantique. En 1918, il a un fils, Stephan. Il achève la rédaction de sa thèse, soutenue à l’université de Berne. Il poursuit alors ses traductions de Baudelaire.

En 1919, il rencontre Ernst Bloch. En 1920 il déménage pour des raisons financières à Berlin avec sa femme et son fils. En 1921, il se sépare de son épouse, et vit à Heidelberg et Berlin. En 1922, à Heidelberg, il s’efforce d’obtenir une habilitation lui permettant d’enseigner à l’université. En 1923, il échoue de nouveau dans sa tentative d’être habilité à l’université, et rencontre Adorno. Son père a de gros problèmes financiers qui compromettent l’aide qu’il lui fournit.

En 1924, il effectue en même temps qu’Ernst Bloch un séjour à Capri. Il fait la connaissance de Asja Lascis, communiste lettone qui l’initie au marxisme. En 1925, il renonce à son habilitation.

En 1926, il séjourne en France, à Paris et dans le Var, ainsi qu’à Monaco. Il traduit Proust. À la mort de son père, il fait un passage à Berlin, revient en France, puis part pour Moscou. En 1927, il revient à Paris et termine la traduction d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs. En 1933, il émigre à Paris, et essaie de quitter l’Europe pour les États-Unis d’Amérique en 1940.

En juin 1940, il est enfermé au camp de Vernuche près de Nevers, puis libéré grâce à ses amis intellectuels[2]. Un jour avant l’entrée de l’armée allemande dans Paris, Benjamin quitte la capitale et se rend à Lourdes. De là, il part à Marseille et finalement arrive à Port-Vendres le 25 septembre 1940 avec l’intention de fuir en Espagne [3].

Arrivé dans la petite commune des Pyrénées-Orientales, il se fait connaitre auprès de Hans et Lisa Fittko, deux antinazis allemands qui peuvent lui faire franchir la frontière clandestinement. Malgré son âge (Walter Benjamin a quarante-huit ans) et ses problèmes de santé, le philosophe et deux autres candidats à l’exil, Henny Gurland et son fils José, conduits par Lisa, parviennent au bout d’une dizaine d’heures à Portbou. Mais le 26 septembre 1940, la nuit de son arrivée en Espagne, Walter Benjamin se suicide en absorbant une dose mortelle de morphine.

D’après Lisa Fittko, les autorités espagnoles ont avisé les trois fuyards qu’une nouvelle directive du gouvernement espagnol préconisait la reconduite des réfugiés en France. Benjamin n’aurait pas supporté la nouvelle — en fait la nouvelle réglementation ne sera jamais appliquée… et était sans doute déjà annulée quand il se donna la mort[4].

Les papiers contenus dans la serviette en cuir de Benjamin qui contenait, disait-il, un manuscrit « plus important que sa vie », n’ont pas été retrouvés même s’ils ont été répertoriés comme liasse de manuscrit dans la main courante de la police de Portbou[5].Le philosophe a aussi écrit une lettre d’adieu à Theodor W. Adorno, dictée à son compagnon de fuite Henny Gurland.

Bien que sa dépouille n’ait jamais été retrouvée, un monument funéraire lui est dédié au cimetière de Portbou [6]. Une œuvre commémorative du sculpteur israélien Dani Karavan intitulée Passages a été érigée en hommage au philosophe dans le petit port catalan. Sa mort est évoquée dans l’opéra Shadowtime (musique de Brian Ferneyhough, livret de Charles Bernstein).

D’autres hypothèses ont été émises au sujet de sa mort :

* Who killed Walter Benjamin… (73 min. Espagne, Allemagne, Pays Bas), un film documentaire de David Mauas sur les circonstances de la mort de Walter Benjamin à Port Bou [1] a présenté la thèse selon laquelle il aurait été assassiné par des fascistes.
* Selon Stephen Schwartz, il aurait été assassiné par des agents à la solde de Staline[2].

Walter Benjamin introduit le terme d’aura en 1931 dans son essai “Petite histoire de la photographie” (suivi en 1936 de L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique), pour caractériser la spécificité de l’œuvre d’art qui est unique, liée à un endroit précis et qui s’inscrit dans l’histoire. Il définit l’aura comme « l’unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité » (einmalige Erscheinung einer Ferne, so nah sie auch sein mag). Pour illustrer son propos, il donne l’exemple d’un observateur admirant une chaîne de montagnes un jour d’été. Le sentiment qu’il ressent à un moment précis ne pourra pas être reproduit parce qu’il est impossible de reproduire cet instant. L’inaccessibilité de l’œuvre d’art s’explique pour lui de ses origines dans des rites magiques et plus tard religieux. Les dernières traces de ses origines rituelles sont visibles dans le mouvement de l’art pour l’art.

« Manifestation d’un lointain quelle que soit sa proximité » : par quel mystère quelque chose peut être à la fois proche et lointain ? N’est-ce pas une contradiction ? Walter Benjamin ne nous dit pas du tout. Par exemple les images cultuelles ; ce sont des images qui sont censées symboliser la divinité. Elles sont donc à la fois proches spatialement – nous pouvons nous en approcher jusqu’à les toucher – et essentiellement lointaines puisqu’elles désignent autre chose qu’elles-mêmes. Second exemple : le portrait ou la peinture. Le tableau est toujours unique et unique apparition d’un lointain. Par opposition à quoi ? A la photographie qui est reproductible : il suffit de faire un autre tirage ou encore pire dit Walter Benjamin, le cinéma qui est par essence fait pour être reproductible.

La reproductibilité technique a pour conséquence la perte de l’aura, parce que la copie acquiert une autonomie vis-à-vis de l’original par le fait que l’œuvre est placée dans de nouveaux contextes, qu’il devient possible de changer de point de vue, d’opérer des grossissements. En plus la copie va vers l’observateur, devient accessible dans des situations nouvelles et est sortie de tout contexte historique et spatial. Ainsi l’œuvre devient un objet commercial.

Ses écrits sont utilisés aujourd’hui par ceux qui étudient la culture populaire. En effet, contrairement à Adorno, Benjamin attribue un rôle positif à des aspects de la culture de masse, et ne la réduit pas comme Adorno à un pur produit de fausse conscience.

Hannah Arendt en a rédigé une biographie critique, parue dans The Newyorker en 1968, puis en préface des Illuminations la même année.

source wikipedia

Publications

* L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique
* Sens unique, précédé d’une enfance berlinoise
* Paris, capitale du XIXe siècle
* Le Livre des passages (fragments)
* Charles Baudelaire
* Origine du drame baroque allemand
* Le Conteur. Réflexion sur l’œuvre de Nicolas Leskov (parfois traduit par Le Narrateur)
* Journal de Moscou
* Illuminations
* Réflections
* Enfance berlinoise
* Petite histoire de la photographie (1931)
* Le Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand
* Eduard Fuchs, le collectionneur et historien
* Essais sur Brecht
* Thèses sur le concept d’histoire

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