Parménide

Parménide d’Élée (en grec Παρμενίδης Parmenídês) est un philosophe grec présocratique. Un dialogue de Platon porte aussi son nom (voir Le Parménide).

On ne connaît pas avec exactitude les dates de naissance et de mort de Parménide d’Élée. Sa vie s’étend de la fin du VIe siècle au milieu du Ve siècle avant J.-C. Il aurait eu 65 ans quand il est venu à Athènes où il aurait rencontré le jeune Socrate, peut-être âgé de moins de 20 ans, ce qui situerait sa naissance vers 520-510 si l’on place le dialogue de Platon vers 450-448 (cf. le Parménide de Platon, où Parménide est un « vieillard honorable », 127 b). Mais selon Synésius, Socrate aurait eu 25 ans à ce moment, ce qui placerait la naissance de Parménide vers 540. Ces données sont peu sûres ; selon Diogène Laërce (IX, 23), son acmé se situe dans la 69e Olympiade (504-500), mais d’autres sources la placent dans la 79e. Ainsi, Parménide est-il placé soit avec Héraclite et Empédocle, soit avec Démocrite, Gorgias ou encore Prodicos.

Parménide était le fils de Pyrès ou Pyrrhès (Diogène Laërce, IX, 21). Il est issu d’une famille riche et puissante.

Strabon (27, 1, 1) et Proclos (Commentaire sur le Parmènide) nomme Parménide pythagoricien et sa manière de vivre était considérée comme pythagoricienne. Il se lia d’abord en effet avec les pythagoriciens : c’est Aminias qui le poussa à la vie philosophique (Diogène Laërce, IX, 21). On rapporte qu’il vénéra tant le pythagoricien Diochaitès, qu’il lui éleva une statue après sa mort. Néanmoins, Parménide se rattache plutôt à Xénophane dont il fut peut-être le disciple (voir par exemple Clément, Stromates, I, 364 ; Sextus Empiricus, Contre les mathématiciens, VII). Mais Aristote et Théophraste sont plus réservés sur la question (cf. La Métaphysique, A, 5, 986 b, 22). Il reste que Parménide et Xénophane ont tous deux vécu à Élée, et que l’on peut supposer qu’ils se connaissaient. Ainsi, quant aux influences philosophiques de Parménide, il semble possible d’affirmer que, comme Empédocle, il suivit la vie pythagoricienne sans en adopter les idées, et qu’il suivit sur ce point Xénophane. Il aurait fondé une école comparable aux écoles pythagoriciennes. Il aurait été également disciple d’Anaximène (selon la Suidas), mais ce renseignement semble être dû à une erreur de texte. Il eut pour successeurs Empédocle et Zénon d’Élée.

Il fut peut-être législateur dans sa ville natale (D.L., IX, 23) ; les Éléates devaient chaque année jurer de nouveau obéissance aux lois.

Il nous reste des fragments de son poème De la Nature, dont la première partie traite de la vérité et la seconde de l’opinion. Sa pensée influença Anaxagore et Mélissos.

“Cette conception de la doctrine comporte plusieurs erreurs”

Parménide a écrit en vers un traité De la nature ; selon la Souda, il aurait également écrit des œuvres en prose, mais ce point est controversé.

Parménide divisait la philosophie en deux parties : sur la vérité et sur l’opinion. Cette division est pour lui absolue :

« Χρεὼ δέ σε πάντα πυθέσθαι
ἠμέν Ἀληθείης εὐκυκλέος ἀτρεμὲς ἦτορ
[30] ἠδὲ βροτῶν δόξας, ταῖς οὐκ ἔνι πίστις ἀληθής. »

« Apprends donc toutes choses
Et aussi bien le cœur exempt de tremblement
Propre à la vérité bellement circulaire,
Que les opinions des mortels, dans lesquelles
Il n’est rien qui soit vrai ni digne de crédit. »

(Diogène Laërce, IX, 22)

Parménide oppose ainsi la logique à l’expérience : la raison est selon lui le critère de la vérité. La pensée (il identifie âme et intellect), en suivant les règles de la logique, établit ainsi que l’être est, et qu’il faut lui prédiquer des attributs non-contradictoires : il est intelligible, non-créé et intemporel, il ne contient aucune altérité et est parfaitement continu. Si cette conception de l’être est de l’ordre de la pensée, Parménide le représente aussi comme une réalité physique, finie et sphérique. Cette doctrine fait de lui le penseur de l’être par excellence, et tranche par sa froideur rationnelle d’avec les autres penseurs grecs, un Empédocle d’Agrigente par exemple. La doctrine de Parménide ne donne cependant pas d’explications relatives aux origines des êtres.

À la suite de ces déductions abstraites, il développe encore une physique nettement pythagoricienne.

Selon Diogène Laërce, il fut le premier à affirmer que la Terre est ronde et située au centre de l’univers (IX, 21). Il divisait les choses en deux éléments, le feu et la terre.

Selon Posidonius, il fut le premier a proposer la théorie des zones climatiques, qui divise le globe terrestre en cinq zones, deux zones glacées donc inhabitables près des pôles, et une zone torride infranchissable à cheval sur l’Équateur, séparant les deux zones tempérées les seule susceptibles d’être habitées :

« Une première question éminemment géographique, est celle qu’aborde Posidonius quand il suppose la sphéricité de la terre et du monde et qu’il admet comme une des conséquences légitimes de cette hypothèse la division de la terre en cinq zones. C’est à Parménide qu’il attribue la première idée de cette division en cinq zones. » Strabon Géographie, L.II, chap. 2.

Le sophiste Gorgias a écrit un traité, Sur le non-étant, qui réfute le traité de Parménide Sur l’étant. Parménide dit que l’Étant est non engendré (fragment 8), Gorgias répond qu’il n’est ni engendré ni non engendré (§ 2), de sorte qu’il n’est ni être ni non-être (ἔστιν οὔτε εἶναι οὔτε μὴ εἶναι, § 2), et donc pas étant ; Parménide écrit que « l’Étant est » (τ΄ ἐὸν ἔμμεναι, fragment 6), Gorgias, lui, « dit qu’il n’est rien » (Οὐκ εἶναί φησιν οὐδέν, § 1).

Fragments

« La première voie de recherche dit que l’Être est et qu’il n’est pas possible qu’il ne soit pas. C’est le chemin de la certitude, car elle accompagne la vérité. L’autre c’est que l’Être n’est pas et necessairement le Non-Être est. Cette voie est un sentier étroit où l’on ne peut rien apprendre. »

« Tu ne réussiras pas à couper l’Être de sa continuité avec l’Être, de sorte qu’il ne se dissipe au-dehors, ni il ne se rassemble. »

« L’Etre se parfaisant aux limites dernières / Il est tel que la masse arrondie de la sphère / Où du centre, un rayon, se propage en tout sens / N’admettant, çà ou là, plus ou moins de distance.» (Fragments II, VIII 43 à 47 du Poème de Parménide, traduction Darec Bernir)

* « Le coeur fidèle de la vérité qui s’impose » Fragments (Parménide)

source wikipedia

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