Simone Weil

Simone Adolphine Weil est une philosophe française, née à Paris le 3 février 1909 et morte à Ashford le 24 août 1943. Elle est la sœur du mathématicien André Weil.

Simone Weil est née en 1909 dans une famille d’origine juive, mais agnostique. Elle a trois ans de moins que son frère André. En 1924-1925, elle suit les cours du philosophe René Le Senne au lycée Victor-Duruy, à Paris, et obtient, au mois de juin 1925, le baccalauréat de philosophie (selon la dénomination en vigueur à cette époque-là). Elle a alors seize ans.

En octobre 1925, elle entre au lycée Henri-IV, où elle va passer trois ans. Elle a pour professeur de philosophie le philosophe Alain, qui demeurera son maître. Simone de Beauvoir, d’un an son ainée, qui croise son chemin en 1926 dans la cour de la Sorbonne, accompagnée d’une « bande d’anciens élèves d’Alain », avec dans la poche de sa vareuse un numéro des Libres propos et L’Humanité, témoigne de la petite notoriété dont elle bénéficiait déjà :

« Elle m’intriguait, à cause de sa réputation d’intelligence et de son accoutrement bizarre… Une grande famine venait de dévaster la Chine, et l’on m’avait raconté qu’en apprenant cette nouvelle, elle avait sangloté : ces larmes forcèrent mon respect plus encore que ses dons philosophiques[1]. »

Elle entre à l’École normale supérieure en 1928. Elle obtient son agrégation de philosophie en 1931 et commence une carrière d’enseignante dans divers lycées. Au Puy, solidaire des syndicats ouvriers, elle se joint au mouvement de grève de l’hiver 1931-1932 contre le chômage et les baisses de salaire, ce qui provoque un scandale. Syndicaliste de l’enseignement, elle est favorable à l’unification syndicale et écrit dans les revues L’École émancipée et La Révolution prolétarienne. Communiste anti-stalinienne, elle participe à partir de 1932 au Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine, qu’elle a connu par l’intermédiaire de Nicolas Lazarévitch.

Elle passe quelques semaines en Allemagne, au cours de l’été 1932, dans le but de comprendre les raisons de la montée en puissance du nazisme. À son retour, avec beaucoup de lucidité, elle exprime dans plusieurs articles ce qui risquait de survenir. Abandonnant provisoirement sa carrière d’enseignante, en 1934-1935, elle est ouvrière sur presse chez Alstom, puis elle travaille à la chaîne aux établissements JJ Carnaud et Forges de Basse-Indre, à Boulogne-Billancourt, et chez Renault, jusqu’au mois d’août 1935. Elle note ses impressions dans son Journal d’usine.

Sa mauvaise santé l’empêche de poursuivre le travail en usine. Simone Weil souffre en particulier de terribles maux de tête qui la poursuivront toute sa vie. Elle reprend l’enseignement de la philosophie, et donne une grande partie de ses revenus à des personnes dans le besoin. “Décidée à vivre avec cinq francs par jour, comme les chômeurs du Puy, elle sacrifiait tout le reste de ses émoluments de professeur à la Caisse de Solidarité des mineurs.” [2]. Elle prend part aux grèves de 1936. Elle milite avec passion pour un pacifisme intransigeant entre États, et s’engage dans la Colonne Durruti lors de la guerre civile Espagnole pour combattre le coup d’État de Franco. Bien que républicaine, elle s’interpose alors pour éviter qu’un prêtre franquiste soit fusillé. Gravement brûlée après avoir posé le pied dans une marmite d’huile bouillante posée à ras du sol, elle doit repartir assez rapidement pour la France. En 1937, elle collabore aux Nouveaux cahiers, revue économique et politique défendant une collaboration économique franco-allemande.

Simone Weil se rapproche peu à peu du christianisme. Elle éprouve la présence du Christ, à partir de l’année 1938, et entre en contact avec des prêtres et des religieux, afin de leur poser des questions sur la foi de l’Église catholique. Le père Joseph-Marie Perrin, religieux dominicain, l’accompagnera et aura un rôle important lorsqu’elle sera à Marseille, entre 1940 et 1942. Mais elle reste très discrète sur son évolution spirituelle, et ce n’est qu’après sa mort que ses amis découvriront la profondeur inouïe de sa vie spirituelle.

Juive, lucide sur ce qui se passe en Europe, elle est sans illusion sur ce qui les menace, elle et sa famille, dès le début de la guerre. Lorsque Paris est déclarée « ville ouverte », le 13 juin 1940, elle et sa famille se réfugient à Marseille. C’est à cette époque qu’elle commence la rédaction de ses Cahiers. Les études qu’elle rédige sur la Grèce, sur la philosophie grecque, en particulier sur Platon, seront rassemblées après la guerre dans deux volumes : La Source grecque et les Intuitions pré-chrétiennes. Elle travaille également sur la physique contemporaine, et écrit sur la théorie des quanta. Elle entre en contact avec les Cahiers du Sud, la revue littéraire la plus importante de la France libre, et participe à la Résistance en distribuant les Cahiers du Témoignage Chrétien, réseau de résistance organisé par les jésuites de Lyon. Au cours de l’été 1941, elle rencontre le philosophe et agriculteur Gustave Thibon ; elle est embauchée comme ouvrière agricole.

En 1942, elle emmène ses parents en sécurité aux États-Unis, mais, refusant un statut qu’elle ressent comme trop confortable en ces temps de tempêtes, elle fait tout pour se rendre en Grande-Bretagne et travaille comme rédactrice dans les services de la France libre. Son intransigeance dérange. Elle démissionne de l’organisation du général de Gaulle en juillet 1943.

Soucieuse de partager les conditions de vie de la France occupée, malgré sa santé de plus en plus défaillante, elle est déçue par le refus de l’entourage de De Gaulle (Schumann, Cavaillès, André Philip) de la laisser rejoindre les réseaux de résistance sur le territoire français. En effet, elle aurait probablement été rapidement capturée par la police allemande, identifiée comme juive et donc probablement déportée. Atteinte de tuberculose, elle meurt d’un arrêt cardiaque au sanatorium d’Ashford, le 24 août 1943, à l’âge de 34 ans.

Selon le coroner, la mort de Simone Weil serait en fait un suicide ; celle-ci se serait volontairement privée de nourriture, ce qui aurait accéléré sa mort. De ce constat du coroner qui l’a examinée s’est ensuivi une série de spéculations concernant les causes psychologiques ayant pu entraîner ce jeûne. Une hypothèse communément répandue à ce sujet est que Simone Weil souhaitait faire preuve de solidarité envers ses concitoyens en refusant de se nourrir plus que ce que permettaient alors les tickets de rationnement. Cependant, selon sa principale biographe, Simone Pétrement, des lettres du personnel du sanatorium dans lequel elle se trouvait lors de sa mort prouvent qu’elle a en fait essayé à diverses reprises de manger durant son hospitalisation ; selon elle, son jeûne aurait en fait simplement été une conséquence de la détérioration de son état de santé[3].

Tous les livres ayant paru sous son nom ont été publiés après sa mort, à l’exception des Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.

source wikipedia

Publications

# 940-1942 La Pesanteur et la Grâce (des extraits des Cahiers), préface de Gustave Thibon, Paris, Plon, 1947.
# 1943 (sous le pseudonyme Emile Novis) «L’agonie d’une civilisation vue à travers un poème épique» et «En quoi consiste l’inspiration occitanienne» dans le numéro spécial des «Cahiers du Sud» consacré au «Génie d’Oc et (au) monde méditerranéen»
# 1943 L’Enracinement. « Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain », Paris, Gallimard, 1949, coll. « Idées » ; rééd. Gallimard, 1968.en ligne, université du Québec
# 1942 Attente de Dieu, introduction de Joseph-Marie Perrin, O. P., Paris, La Colombe, Éd. du Vieux Colombier, 1949 ; rééd. Paris, Fayard, 1966. en ligne, université du Québec
# 1942 La Connaissance surnaturelle, Paris, Gallimard, 1950, coll. « Espoir ».
# 1941-1942 Intuitions pré-chrétiennes, Paris, La Colombe, 1951, Éd. du Vieux-Colombier.
# 1940-1942 Cahiers. I, Paris, Plon, coll. « L’Épi », 1951 ; nouvelle éd. revue et augmentée, 1970.
# 1942 Lettre à un religieux, Paris, Gallimard, coll. « Espoir », 1951 ; nouvelle éd. Paris, Seuil, coll. « Livre de Vie », 1974.
# 1935 La Condition ouvrière, avant-propos d’Albertine Thévenon, Paris, Gallimard, 1951, coll. « Espoir » ; rééd. Gallimard, coll. « Idées », 1972 en ligne, université du Québec.
# 1941-1942 La Source grecque, Paris, Gallimard, 1953.
# 1940-1942 Cahiers. II, Paris, Plon, 1953, coll. « L’Épi » ; nouvelle éd. revue et augmentée, 1972.
# 1934 Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale, Paris, Gallimard, 1955, coll. « Espoir ».
# Venise sauvée, Gallimard, 1955.
# 1940-1942 Cahiers. III, Paris, Plon, 1956, coll. « L’Épi » ; nouvelle éd. revue et augmentée, 1974.
# 1943 Écrits de Londres et dernières lettres, Paris, Gallimard, 1957, coll. « Espoir ».
# Leçons de philosophie (Roanne 1933-1934), transcrites et présentées par Anne Reynaud-Guérithault, Paris, Plon ; puis Paris, 1959, UGE, coll. « 10/18 », 1970. réédition en 1989
# Écrits historiques et politiques, Paris, Gallimard, coll. « Espoir », 1960. en ligne, université du Québec
# Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu, Paris, Gallimard, 1962.
# 1932-1942 – Sur la science, Paris, Gallimard, 1966. en ligne, université du Québec
# Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1988 – … . Sur les 17 volumes prévus, 9 sont déjà parus.
# Œuvres, Gallimard, collection « Quarto », 1999.
# Note sur la suppression générale des partis politiques, Paris, Climats, 2006.

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