Jean Beaufret

Jean Beaufret, né le 2 mai 1907, mort le 7 août 1982 était un philosophe français, disciple et ami de Martin Heidegger.

Natif du village d’Auzances, Beaufret étudie au lycée de Montluçon. Il entre en khâgne au lycée Louis-le-Grand, mais va assister de temps en temps aux cours d’Alain au lycée Henri-IV.

Il intègre l’École normale supérieure en 1928 ; il passe son service militaire, puis est reçu à l’agrégation de philosophie en 1933, après avoir passé sept mois à Berlin au moment de la prise de pouvoir de Hitler. Il rédige cette année là un mémoire sur l’État chez Fichte ; il entame une thèse, qu’il n’achève pas, sous la direction de Jean Wahl, puis de Jean Guitton après sa brouille avec Jean Wahl.

Il habite à Paris, d’abord passage Stendhal (dans le XXe arrondissement), puis rue du Temple. Il a souvent invité chez lui certains de ses élèves, mais aussi le poète Paul Celan et Heidegger.

Avant la guerre, il rencontre Maurice Merleau-Ponty, Paul Éluard, Paul Valéry et André Breton.

Il s’intéresse alors à la philosophie allemande, et en particulier à Johann Gottlieb Fichte, Hegel, et Karl Marx. Après avoir rencontré Heidegger, il va se consacrer à faire connaître sa pensée en France.

Jean Beaufret a initié de nombreux élèves à la pensée heideggérienne. Parmi les plus célèbres figurent Jean-François Courtine, Emmanuel Martineau, François Vezin, François Fédier, Jean-Luc Marion, Michel Deguy, Claude Roëls, Alain Renaut (heideggérien jusqu’en 1976), Dominique Janicaud, Roger Munier, Jean-François Marquet …

La première affaire concerne l’accusation d’antisémitisme dont il a été l’objet. En 1968, autour de François Fédier, on prévoit la publication d’un ouvrage collectif en hommage à Jean Beaufret : L’Endurance de la pensée. Y contribuent Jacques Derrida, François Fédier (qui dirige la publication, sans le mentionner dans l’ouvrage même), Dominique Fourcade, Maurice Blanchot… Le recueil d’articles est presque terminé lorsque survient ce que l’on a appelé l’« affaire Beaufret ».

Un soir, chez Beaufret, Roger Laporte l’entend prononcer des propos antisémites sur Emmanuel Lévinas, et dire que « les exterminations alléguées des Juifs étaient aussi peu crédibles que les bruits qui couraient au sujet des horreurs en Belgique après la guerre de 1914 (les Allemands qui tuaient et égorgeaient des enfants) » (Jacques Derrida, entretien avec Dominique Janicaud, in Heidegger en France. 2. Entretiens, Albin Michel, 2001, p. 97). Laporte rapporte ces propos à Derrida, qui réagit au quart de tour et écrit à François Fédier à ce sujet ; Fédier répond qu’il s’agit d’une calomnie, et Beaufret nie tout. Laporte, selon le récit de Derrida, passe en position d’accusé. Pour le protéger, sa femme Jacqueline prévient Maurice Blanchot, qui avait aussi envoyé un article à Fédier pour l’hommage à Beaufret. Blanchot décide au dernier moment de dédier son texte à Lévinas, en signe de protestation. Quant à Lévinas, entendant parler de cette affaire, aurait réagi, selon Derrida, avec flegme : « Oui, vous savez, on a l’habitude… » (ibid., p. 99). Derrida et Blanchot écrivent une lettre à chacun des rédacteurs du recueil pour exprimer leur protestation ; ils laissent à l’éditeur Gallimard le soin de transmettre les lettres, mais les lettres n’arrivent jamais à destination, vraisemblablement interceptées par François Fédier.

Il convient de préciser que ces renseignements sont tirés du livre de D.Janicaud La réception de Heidegger en France, ouvrage auquel les hommes sans doute les plus directement concernés par cette question et encore vivants, à savoir F. Fédier, F. Vezin et E. Martineau, ont refusé de participer (comme le précise Janicaud lui-même au début de son livre). Il ne s’agit donc que de renseignements de seconde main, autrement dit de rumeurs, que les principaux intéressés ne sont pas là pour démentir. D’un autre côté, le fait que les défenseurs de Beaufret (dont ne fait pas partie E.Martineau, mais qui a tout de même trouvé le livre suspect) aient refusé de s’expliquer sur ce point ne plaide pas nécessairement en leur faveur – à moins qu’ils n’aient estimé l’avoir suffisemment fait auparavant.

Plus tard, Beaufret apporta son soutien à l’un de ses anciens élèves, l’historien négationniste Robert Faurisson (comme l’attestent deux lettres qu’il lui adresse), après que celui-ci eut été violemment agressé dans la rue – geste que certains ont interprété comme une confirmation d’un certain antisémitisme, et qu’on a voulu lier à l’aigreur de son échec répété à entrer dans la carrière universitaire.

Mais une fois de plus, François Fédier s’est efforcé de défendre Beaufret en montrant que l’ancien résistant (qu’était Beaufret) ne pouvait avoir mesuré à l’époque l’étendue du révisionnisme de Faurisson – et dénonce “la manœuvre dérisoire et lâche de laisser entendre qu’avec l’âge, Jean Beaufret se serait abandonné à trahir celui qu’il avait été pendant l’Occupation, finissant dans le camp de ses ennemis d’autrefois” (voir la lettre de F.Fédier au professeur H. Ott, Paris 4 Juillet 1991 dans les liens externes[1]). Il cite à l’appui un autre témoignage : “Jean Daniel (né Bensaïd) écrit à Faurisson, plus d’un an et demi après Jean Beaufret : “Par votre dernière lettre vous venez de vous démasquer.(…)” Cette lettre date du 7 mai 1980. Le lettre écrite par Jean Beaufret porte la date du 22 novembre 1978. Je demande simplement : pour quelle raison probante Jean Beaufret pourrait-il être soupçonné de n’avoir pas manifetsé à l’égard de Faurisson, un intérêt comparable à celui que dit avoir manifesté à la même époque Jean Daniel?” (Mécanique de la diffamation)

De la fin des années 1940 au milieu des années 1970, Beaufret est au centre de la lecture de Heidegger en France : il représente la plus grande autorité après Heidegger lui-même. Mais à la mort de Heidegger en 1976, cette autorité commence à lui être contestée, et ce principalement à deux occasions.

La première de ces occasions est une polémique initiée par Alain Renaut autour de la publication de Questions IV en 1976 : Renaut conteste la rigueur du texte et les partis pris des traducteurs. Cette affaire déchire le groupe des heideggériens, jusque là soudé autour de la personne de Beaufret.

La seconde occasion de cette contestation est une lettre écrite par Roger Munier à Heidegger, où il dénonce ce monopole beaufrétien ; Heidegger prévient Beaufret, qui, très affecté par ce désaveu, verse, ses dernières années, dans la polémique.

source wikipedia

Publications

* Le poème de Parménide, PUF, 1955
* Hölderlin et Sophocle, 10/18, 1965
* Introduction aux philosophies de l’existence, Denoël/Gonthier, Paris, 1971.
* Dialogue avec Heidegger, Ed. de Minuit, 4 vols. 1973-1985
* Notes sur la philosophie en France au XIXe siècle, Vrin, 1984
* Entretiens avec F. de Towarnicki, PUF, 1984
* De l’existentialisme à Heidegger, Vrin, 1986
* Leçons de philosophie, Seuil coll. Traces écrites, 2 vols. 1998
* Introdução às Filosofias da Existência. De Kierkegaard a Heidegger, Livraria Duas Cidades, São Paulo (Brésil), 1976. Tradução e notas: Salma Tannus Muchail.
* Al encuentro de Heidegger, Editorial Monte Ávila, Caracas (Venezuela), 1987. Traducción de Juan Luis Delmont.

Comments
One Response to “Jean Beaufret”
  1. Une lettre citant Jean Beaufret se trouve sur le site André Breton. Bonne visite. Liens bienvenus.

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