Robert Nozick

Robert Nozick est un philosophe américain professeur à Harvard, né le 16 novembre 1938 à Brooklyn (New York) et mort le 23 janvier 2002.

Penseur libertarien proche du courant minarchiste, il s’est fait connaître à la fin des années soixante par des articles consacrés à des questions de philosophie morale, en particulier celle de la coercition puis sur ses réflexions sur la liberté. Mais c’est surtout le livre Anarchie, État et utopie(1974) qui va faire de Nozick l’un des auteurs américains les plus influents.

Robert Nozick estime que l’État minimal est le seul état juste, puisque les plus étendus de ses pouvoirs peuvent être justifiés relativement au droit naturel de l’individu, et que celui-ci possède seul sa propre personne. C’est pourquoi il confronte le phénomène « État » au double impératif de la morale kantienne qui implique que personne ne puisse être considéré seulement comme un moyen.

Nozick a conçu la théorie de l’« habilitation » (entitlement), qui veut que toute personne doive être habilitée (entitled) à posséder des biens. Cette habilitation doit être conforme à l’un des trois grands principes libertariens :

  1. La propriété de soi : tout individu dispose d’un droit absolu sur sa personne, sur ses talents et les fruits de son travail. La seule restriction consiste à ne pouvoir renoncer à sa propre liberté.
  2. Le principe originel d’acquisition : le titulaire initial d’un droit de propriété sur un objet est la personne qui en a revendiqué en premier la propriété. Ce principe peut éventuellement être tempéré par la clause lockéenne. Celle-ci stipule que l’appropriation ne peut s’établir au détriment de personnes qui se trouveraient alors dans une situation pire que celle qu’elles connaîtraient dans un “état de nature”, exempt de tout droit de propriété.
  3. Le principe de juste circulation : il y a juste transfert du droit de propriété lorsque celui-ci est obtenu par transfert volontaire entre l’acquéreur et le propriétaire légitime, avec ou sans contrepartie.

Cependant, il s’ajoute un quatrième principe, soit le principe de juste réparation. Ce dernier stipule que dans le cas où les principes précédents n’ont pas été respectés, il doit y avoir juste réparation de la part du fautif envers les personnes qui ont été brimées, directement ou non.

Nozick s’oppose vigoureusement au principe de la redistribution obligatoire (et au principe de différence de John Rawls) car, en donnant à d’autres un droit sur soi, elle viole le droit de propriété. Reposant sur la coercition, elle viole en outre le principe de libre consentement et, passant par l’impôt (une spoliation pour Nozick), elle rétablit un travail forcé.

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